Est-il encore temps ?

Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du climat) a fait du bruit dans les médias. Il alarme sur l’importance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, objectif fixé par les pays lors de la dernière COP21. Sinon, on court vers une extinction massive des êtres vivants de notre terre. D’un côté, les multinationales et la majorité des gouvernements vont à contre-courant de cet objectif. Mais de l’autre, des citoyens et des villes, éparpillés aux quatre coins du globe, proposent des solutions pour sauver leur planète.

Alors, est-il encore temps ? 

Un découragement qui prend sa source à différents endroits

Oui, on se sent découragé quand on voit les nouvelles, les catastrophes à venir, les dégâts déjà causés, les efforts immenses à mettre en place, les gouvernements qui ne soutiennent pas l’écologie…

Notre terre s’est transformée en poubelle

Qui n’a pas vu ou entendu parler de l’émission Cash Investigation sur le plastique d’Elise Lucet ? Ou les vidéos devenues virales sur Facebook ? Toujours les mêmes images poignantes : nos mers et océans sont pollués par des tonnes de plastique. Et quand nos déchets ne sont pas dans l’eau, ils sont sous terre. Si le plastique était une révolution dans les années 60, le côté obscur de sa force s’est très vite dévoilé. Seulement 7% de la matière est recyclable et il peut mettre jusqu’à 1000 ans pour se désagréger. Et quand bien même, c’est un matériel tellement résistant qu’il ne disparaît jamais vraiment.

L’entreprise Coolrec au Pays-Bas est spécialiste du recyclage d’appareils électriques et électroniques. Pourtant, leur système de triage pour séparer le « mauvais » plastique (avec un fort taux de brome) du « bon » plastique (celui qui va pouvoir être recyclé) n’est pas infaillible. Les employés envoient un échantillon du plastique recyclable mais ne reçoivent pas toujours les résultats. Le taux de brome dans celui-ci n’est donc pas vérifiable.

Le greenwashing est partout

A la base, ce terme utilisé pour les entreprises. Personnellement, je trouve que ce terme peut convenablement être adapté à la politique.

Dans le Cash Investigation sur le plastique, 2 exemples illustrent bien ces propos :

✿ Le PDG de Coca-Cola annonce vouloir un monde sans déchet et souhaite que l’entreprise prenne cette direction. Or, en Tanzanie, les bouteilles Coca-Cola en verre et son système de consigne vont peu à peu disparaître cette année pour accueillir…les bouteilles en plastique. Aussi, l’équipe de l’émission a réussi à se procurer un document privé de la multinationale, datant de 2016, où l’on peut voir qu’une de ses stratégies est d’aller à l’encontre de l’augmentation des taux de collecte et de recyclage.

✿ Le Clean Europe Network est un réseau qui regroupe des associations luttant contre le dépôt sauvage de déchets en Europe. La partie cocasse, c’est que le secrétaire général de ce réseau, Eamon Bates, est aussi le secrétaire général de Pack2Go. Cette dernière est une structure qui regroupe les industriels de l’emballage d’aliments à emporter. En gros, il fait du lobbying pour le secteur du plastique/emballage.

« Si les multinationales continuent d’agir comme elles le font , l’argent inondera la politique. Les plus riches contrôleront le législateur, et nous n’aurons plus de démocratie. Et si ce que nous avons, c’est le pouvoir du peuple, il faut nous en servir. » Nikki Silvestri – Directrice de Green for all in Oakland

Plus récemment, on apprend que la nouvelle secrétaire d’Etat du Ministère de la transition écologique, Emmanuelle Wargon, travaillait pour le groupe Danone. Ce sentiment que les grosses entreprises ont le pouvoir et décident de notre modèle économique et politique est décourageant. En tant que citoyens, on se sent impuissants et dépassés. Et pourtant…

Des écocitoyens engagés pour un autre monde

Pourtant, à différents endroits du globe, des personnes gardent espoir et agissent pour garder notre planète en bonne santé. En solo ou en groupe, dans leur coin ou face caméra, elles donnent le meilleur d’elles-mêmes.

« On a pas commencé en se demandant Est-ce qu’on va sauver la planète?, car c’était trop immense. On a juste commencé là où on était. » Pam Warhust – Fondatrice d’Incredible Edible

Respecter la planète, un besoin de plus en plus revendiqué

Le 8 septembre 2018, des citoyens de tout âge descendent dans la rue pour participer à la Marche pour le climat. Cette première marche a pris place dans plusieurs villes du monde : 800 à Lisbonne, 3500 à Stockholm, 15 000 à Copenhague, 50 000 à Paris ,300 000 participants à New-York etc (chiffres provenant du site Rise for Climate). Le but était d’attirer l’attention des gouvernements sur le réchauffement climatique et autres problèmes écologiques pour qu’ils agissent vraiment.

En France, d’autres mouvements prennent de l’ampleur :

Il est encore temps : mouvement initié par des Youtubers français qui alarment sur le réchauffement climatique mais qui ne perdent pas espoir. Ils utilisent leur influence pour que le message soit communiqué au plus grand nombre.

Nous voulons des coquelicots : c’est une association qui lutte contre les pesticides en France. Si vous le souhaitez, vous pouvez accéder au site et signer la pétition ici.

Il existe notamment les incontournables ONG environnementales ; La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, WWF ou encore Greenpeace, pour relayer ce même message et s’engager dans de grands projets écologiques.

Comment agir au quotidien ?

Mettre un pied dans Zéro Déchet est une bonne initiative pour réduire son impact écologique : éliminer l’utilisation de plastique, acheter en vrac, participer au troc, consommer moins… Un article sur mon blog est dédié à la présentation de ce mode de vie.

Bien sûr, faire marcher l’économie locale joue beaucoup. Regarder dans votre supermarché d’où viennent les fruits et légumes. Cela représente une pollution énorme de faire venir tout ça chez nous. Certaines personnes disent qu’il n’est plus possible de nourrir le monde avec des producteurs locaux et/ou bios. Selon Olivier de Schütter, rapporteur spécialiste sur le droit à l’alimentation auprès des Nations-Unies, l’agroécologie peut le à faire. En effet , 70% à 75% de la nourriture consommée dans le monde provient de ces petits agriculteurs. Les grandes structures agricoles produisent surtout pour nourrir le bétail et pour l’agrocarburant. On peut donc subvenir à ces besoins via des petites structures plus locales.

Concernant le mode de transport, prendre la voiture est souvent inévitable. Surtout quand la route pour aller au travail est longue. Mais dès que vous pouvez, utiliser vos pieds, vos vélos, vos trottinettes !

Un documentaire que je trouve très inspirant et que je vous conseille c’est Demain. Il montre les actions mises en place par des citoyens ou des responsables de commune pour lutter contre le réchauffement climatique. À Détroit (USA), les habitants ont créé environ 1600 fermes urbaines pour palier à une crise de l’agroalimentaire. La ville de Todmorden (Grande-Bretagne) a expérimenté l’autosuffisance alimentaire, avec Incredible Edible, en proposant plusieurs espaces potagers partout dans la ville. Le documentaire met aussi en avant l’utilisation des énergies renouvelables : Reykjavík et sa géothermie ou encore Copenhague et sa biomasse. Il aborde aussi les thèmes des modèles d’économie ou encore de l’éducation.

Ce qui peut ressortir de tous ces exemples, c’est qu’il faut généralement revenir à un mode de vie et un esprit plus communautaire. La société a évolué avec l’idée que tout était accessible facilement et rapidement. En l’espace d’une dizaine d’années, on a puisé les ressources de la planète à une vitesse impressionnante et elles traversent le globe facilement. Si vous voulez changer cela, il faut déconstruire ces habitudes et revenir de plus en plus à la communauté.

En fait, face à cette urgence, il y a des solutions et des personnes pleines de volonté ! Ne pensez pas que vos petits gestes ne feront pas la différence. Avec plus de 7 milliards d’humains sur Terre, les gestes deviennent grands quand ils sont fait à l’unisson. 

Sources : l’émission Cash Investigation / le documentaire Demain / le site Il est encore temps / le site Bio à la une – Comprendre l’impact inquiétant du plastique en 10 chiffres / Le rapport du GIEC / le site Réseau action climat / le site Rise for climate.

2 Comments

  • Laetitia

    Très bon article. Sensibilisé à la cause écologique je fais des gestes à mon niveau. Mais quel désarroi d’entendre des proches dire « de toute façon on ne ferait plus rien », « ça ne sert à rien de le faire à notre échelle si les gouvernements/entreprises ne suivent past' »…enfin ce genre de réflexion. Je parle souvent du Colibri, j’argumente comme je peux mais j’ai l’impression souvent de parler dans le vent ou alors ils sont d’accord mais non pas le courage/envie de changer leur habitude. 🙁

    • Nath

      Oui, c’est vrai que les personnes qui ont ce genre de réflexion, c’est frustrant pour les personnes sensibles à ce sujet. Et je m’inspire aussi de l’histoire du colibri pour ne jamais laisser tomber 🙂

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